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|  | | | MotoGP, Avoir des chevaux, est-ce réellement la clef? | Ecrit le 20/03/2007 : 16:09. Lu 11141 fois (11/jour). | Le MotoGP reprend sa course en Espagne ce week-end pour la seconde manche, et sur MO après la démonstration de puissance de la Ducati, on s'est demandé si la puissance était réellement prépondérante, surtout lorsque le circuit se fait plus sinueux. Voici un petit comparatif des temps réalisés selon les catégories en fonction des particularités du tracé emprunté.
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Pour ce comparatif j'ai choisi trois circuits très différents pour illustrer mon propos. D'abord un circuit où la puissance est prépondérante, pas forcément très rapide mais imposant un niveau de motricité et de puissance très élevé, Brno en République Tchèque. Un circuit rapide et technique mais privilégiant la puissance tout en demandant un châssis très équilibré, Le Mugello, en Italie. Et pour contrebalancer mais surtout pour vous montrer que la puissance ne peut pas tout, j'ai choisi La Mecque des châssis bien réglés et du tourne à gauche, le circuit du Sachsenring en Allemegne. Ils sont certes très différents mais prouvent que tout ne réside pas dans le nombre de cannassons que renferme un moteur, cela me permettant la transition facile vers la présentation en quelques phrases du Grand Prix de Jerez de La Frontera, en Espagne ce week-end.
Commençons tout d'abord avec le circuit de Brno, on y retrouve un tracé, « simple », vallonné mais avec des virages nets, demandant donc des ré-accélérations franches, et des freinages puissants. C'est aussi un circuit où la précision du pilote peut faire la différence, mais la puissance est quand même très importante comme le prouve l'écart abyssal entre les 125cc et les 990cc plus de 11 secondes. Ne criez pas tout de suite à l'hérésie, continuez votre lecture et vous verrez que ce n'est pas si fou de comparer les temps des 990cc et des 125cc... Le record de Luccio Cecchinello en 2003 est de 2'07,836, contre un 1'56,191 pour Rossi en 2006. Face aux 250cc les MotoGP font encore parler la poudre puisque l'écart est de 6 secondes, le meilleur temps des quart de litre est de 2'02,261, temps réalisé par Jorge Lorenzo en 2005. Les 250 en revanche restent assez proches des performances des 500cc de 2002, avec seulement 1,1 seconde d'écart, ce qui n'est pas énorme. Mais le plus surprenant reste à venir.
Le circuit du Mugello est un circuit mêlant à la fois technicité et besoin de puissance. La longue ligne droite des stands étant une illustration parfaite de ce besoin de chevaux, les longues courbes et autres virages vallonnés contrebalancent cela en demandant un châssis stable et rapide sur l'angle. C'est un circuit complet qui demande donc un package le plus homogène possible. Si on se met à comparer les meilleurs temps faits à ce jour dans les différentes catégories on remarque déjà que l'écart entre les moins puissantes, les 125cc et les MotoGP est énorme, 9 secondes, le record des motoGP (990cc) est détenu par Sete Gibernau avec un temps de 1'48,969 alors que du côté des 125cc c'est Lucas Pesek qui fut le plus rapide avec un temps de 1'58,202. Mais le vrai point intéressant de comparaison est celui des 250cc face aux 500cc de 2002. En effet lors du grand prix 2002 le meilleur temps d'une 500cc avait été réalisé par Loris Capirossi en 1'52,107. Assez lent comparé au dernier record de Gibernau (3,1 seconde de différence) mais le plus étonnant reste la différence avec le record d'Alex de Angelis signé en 2005 : 1'53,457. Ce qui ne fait que 1,2 seconde d'écart. Cela m'amène donc au point du réglage châssis. Malgré la puissance, un package homogène entre châssis et pneu est indispensable sur ce genre de circuit. Les 250cc faisant environ 115ch, avec leur tout petit châssis, les temps sont exceptionnellement proches entre 250cc et 500cc; la MotoGP 990cc restant quand même plus rapide de 4,3 secondes.
Direction « la Germanie » maintenant, où l'on retrouve le circuit le plus atypique de la saison. Court, très sinueux, vallonné et ramassé sur lui-même, voilà à peu de choses près à quoi il ressemble, dans les grandes lignes. Ce circuit, les plus assidus du championnat l'auront reconnu, il s'agit du circuit Allemand du Sachsenring. Il est assez à part, c'est un circuit qui favorise le pilotage et le châssis exclusivement, la puissance n'a pas réellement son mot à dire car les lignes droites n'existent pratiquement pas. Bien sûr le record absolu a été signé en 2006 par Pedrosa avec un temps de 1'21,815 mais Pesek en 125cc signait par ailleurs un temps de 1'27,064. Avoir un écart de seulement 5,2 secondes, avouez que ce n'est pas énorme entre une bécane de 240ch (sur les circuits le permettant) et une de 55ch. Donc cet écart devrait être encore plus mince entre une 250cc et une MotoGP, certes, cet écart est d'ailleurs de 2,803 secondes, en effet Alex De Angelis, poleman en 2005 a réalisé un temps de 1'24,618, record qui tient encore. Et c'est là qu'intervient le particularisme du circuit. En 2002, lors de la dernière saison des 500cc, Olivier Jacque signait la pole position au guidon de sa Yamaha 500cc du team Tech 3. Le pilote français se battait ensuite en course contre Alex Barros. En tête la majeure partie de la course OJ était sur le point de gagner quand Alex Barros dans un accès de folie a tenté de le doubler dans le premier virage du dernier tour, en oubliant de freiner... Résultat, les deux pilotes Out! Mais je reviens à mon sujet. La Pole d'OJ, savez-vous quel était son temps, 1'25,758! J'ai vérifié mille fois, c'est bien une seconde pleine plus lent que les 250 2T de 2005. Voilà qui illustre bien le besoin d'avoir une moto la plus agile possible sur un circuit comme celui-là, mais la réelle clef bien entendu est d'avoir une moto exploitable! Voilà pourquoi Pedrosa a signé un tel record en 2006, car tant au niveau pneumatique qu'électronique, les progrès ont été faramineux, en choisissant une gestion électronique ne privilégiant plus la puissance, son moteur est devenu ultra docile et coupleux, plus le châssis « facile » de la Honda et les pneus Michelins, le package était parfait.
Sur tout circuit sinueux et technique l'écart entre les petites et les grosses cylindrées se réduit. Et c'est exactement le même phénomène qui peut être observé sur le circuit de Jerez. Théâtre du prochain Grand Prix de la saison je me suis amusé à reproduire le schéma exposé ci-dessus et il en est ressorti à peu de choses près le même résultat que pour le circuit du Sachsenring, seulement 3,8 secondes d'écart entre le meilleur temps des MotoGP 990cc et des 250cc. Capirossi (Ducati GP6) ayant tourné en 1'39,064 contre un record de 1'42,868 pour Pedrosa (Honda 250cc) en 2005. Record qui doit surtout être comparé avec le dernier temps enregistré sur ce circuit par une 500cc, il s'agit de celui d'Alex Barros lors de la séance qualificative de 2002 qui a réalisé un 1'42,504 seulement 3 dixièmes de mieux que le record de Pedrosa... Voilà qui peut donc nous conforter dans l'idée de voir une bataille de pilotes plus que de moteurs, à l'inverse de ce qu'on a pu voir au Qatar. Inconcevable à Jerez de voir une Ducati enfumer ses concurrentes comme au Qatar, tant les besoins d'agilité et de motricité sont grands. Par contre cela ne veut absolument pas dire qu'une Ducati ne peut pas s'imposer sur ce tracé, l'histoire nous a prouvé le contraire. Reste qu'au jeu des pronostics, il serait difficile de gagner, même si la Yamaha de Rossi a montré une agilité hors pair et surtout une aptitude surréaliste aux freinages (ultra) tardifs. Un circuit de châssis et de pilotes où la bataille sera rude. Rossi prédit, outre un bon résultat de la firme de Bologne, un retour en force des Honda, Pedrosa en tête, il a raison. Le jeune Espagnol aura à coeur de montrer son savoir-faire à domicile. Mais je vous invite à vous remémorer les très bons résultats de la Suzuki sur ce tracé cet hiver, et surtout le retour enfin en forme de John Hopkins, après sa fabuleuse course du Qatar, aucun doute qu'il sera là pour jouer les trouble- fêtes et pourquoi pas offrir une victoire à Suzuki. Je sais ça paraît fou mais c'est plausible... On verra.
Après on a le cas du chauvin qui dira, mais les Kawasaki ont un super châssis! C'est vrai. Mais faisons un tour rapide de ce dont dispose comme pilotes la firme d'Akashi... Olivier Jacque, Champion du monde 250cc en 2000, il a de l'expérience mais a dit lui-même ne pas être encore à 100% pour le rythme de course. Alors OK il a dit ça avant le Qatar et il est certain que la bataille qu'il a remporté contre Roberts et Elias l'aura motivé espérons-le du moins, mais Jerez impose justement d'être au top niveau rythme de pilotage. Mais le français dispose par contre d'un bon avantage pour lui c'est qu'il reste sur ses roues... ce qui n'est pas, la plupart du temps, le cas de son coéquipier, Randy De Puniet. Non je ne m'acharne pas sur lui et s'il lit ces lignes je m'excuse de ma sincérité, mais il faut qu'il confirme en course, Randy est rapide aux essais c'est un fait, il peut même mener les débats en qualification, il a donc toutes les cartes en main pour pouvoir ne serait-ce que marquer des points ou finir dans le top 10. Rendez-vous compte qu'il est souvent raillé pour ses chutes à répétition, les plus méchants allant jusqu'à dire qu'il y est tenu par son nouveau sponsor « Gedimat, Sable et graviers » c'est un peu méchant je vous l'accorde mais je ne fais que retranscrire les propos des plus médisants des internautes... Alors bien sûr il a certainement pris un coup au moral après sa chute au Qatar mais il peut redresser la barre à Jerez d'autant plus qu'avec la moto dont il dispose, il ne devrait pas trop être à la ramasse, rappelez-vous de la cinquième place qu'il a obtenu lors du trophée BMW, tout est envisageable avec lui, le pire, comme le meilleur. Voilà Randy tu peux rouvrir les yeux...
Je voudrais ensuite dire un petit mot sur les deux grands champions de cette saison. D'abord le champion des essais hivernaux, même des essais tout court d'ailleurs; J'ai nommé Colin Edwards, le Texan a d'ores et déjà annoncé qu'il voulait redresser la barre après sa mauvais course du Qatar. Il avait fait des essais de premier ordre cet hiver et avant le Grand Prix, mais n'avait su continuer sur sa lancée en course... Grosse cote donc pour le texan mais rien est impossible... Et puis le champion du monde en titre, le Kid du Kentucky, Nicky Hayden, toujours en délicatesse avec sa Honda, lui aussi veut montrer qu'il peut faire mieux, en tous cas espérons qu'il soit plus en phase avec sa RC212-V que lors du dernier grand prix parce qu'il a réellement pataugé dans la semoule, niveau réglages, allant jusqu'à tout changer le dernier jour, grosse crise de doutes...
Enfin, comment ne pas dire un mot de ce qui nous a tous secouer la semaine dernière, le retrait de l'équipe Ilmor... Le manque de budget s'est cruellement fait sentir et ce dès la première course de la saison, une situation qui a fortement chamboulé les deux pilotes, Mc Williams et Pitt étant assez abasourdis par ce qui leur est tombé dessus. De son côté la DORNA est déçue, on l'est tous, car voir partir une équipe, même hors du coup, c'est toujours agaçant. Cela nous renvoie encore une fois face à cette dictature de l'argent et à la « F1-isation » du MotoGP, faisant regretter aux anciens et aux amoureux de ce sport l'époque du « Continental Circus », lorsque l'on pouvait s'amener sur un circuit dans sa camionnette, moto à l'arrière, participer à la course de la catégorie reine, discuter le bout de gras devant un jambon beurre et une binouze avec Hailwood, Agostini ou Pasolini, puis repartir chez soi.... Tiens voilà c'est ce que je vais faire, rentrer chez moi pleurer un bon coup et regarder la course, parce que malgré tout, qu'est-ce que j'aime ce sport!
Article : Aurélien Filippi
Photos : Google.
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romgrellier (20-03-2007): Vraiment dommage pour ILMOR ils avaient leurs places sur la grille....Et puis bravo aurélien pour ton article vraiment trés interessant!!=)Et pour finir Forza Valentino!!!!!Apres le trophée BMW et le record du tour de fou va falloir s'accrocher au doctor..ou alors freiner tres tard....Bataille avec le nain de jardin en prévision
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malkavian (20-03-2007): super article Orylien !! une bonne bataille en perspective et on l'espérait (voir commentaires après qatar).
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Kawaman76 (20-03-2007): Bel Article, joli travail de comparaison et vue objective sur la situation. Je note 4,5/5 ah... bon et bien ça sera 4 pour laisser une marge de progrès. J'aime bien la comparaison 125/MotoGP ou 500 est intéressante à lire, on ne le fait pas souvent. Après il y a les contraintes physiques liées à la catégorie. Vivement ce W.E. !!!!
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COLLAS (20-03-2007): REBEL Super ton article encore et encore enfin un site moto intelligent
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kak83 (21-03-2007): tres bon article ca fait du bien de lire quelque chose d interressant !! mci aurelien
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fastfreddy (21-03-2007): Je vous l'avait dis que ça allait se voir Il est bon ce petit
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nonowaka (21-03-2007): Article intéressant, comme les autres. Il faut reconnaître le boulot. As tu aussi les temps intermédiaires pour voir les différences, surtout en virage, les écarts pourraient être inversés non
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chrisdag (21-03-2007): Bravo pour l'article. L'analyse sur Randy est également totalement pertinente. Ce n'est pas pour enfoncer le clou (il faut déjà être un super pilote pour être à son niveau !), mais j'ai le sentiment que Depuniet est parti pour être éternellement un "espoir" de la moto française. Mais vous conviendrez qu'à 25 ans, il n'est pas non plus un lapin de 3 semaines. Je pense que pour lui, c'est la saison ou jamais, en terme de confirmation de son potentiel (un podium irait dans ce sens). Ceci dit, c'est facile de parler ainsi derrière son écran d'ordinateur. Mais tout de même, avec les qualités qui sont les siennes (il est tout de même doué le garçon), il devrait pouvoir enquiller de meilleurs résultats. Tout semble se jouer au niveau du mental dès qu'il est en course. On dirait qu'il ne croit pas en ses chances. C'est en cela qu'il est décevant !
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gamma (15-04-2007): ça n'a pas beaucoup de sens de comparer des temps faits à des époques différentes quand on connait l'évolution des pneus par exemple d'année en année. Ou avec les 500 dont le développement est resté bloqué pour favoriser l'entrée des 4T. Quant aux 125 de 55cv, encore un rève de monsieur+!
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ORylien (16-04-2007): Salut Gamma, je me permet de te répondre car je crois que tu n'as pas lu tout l'article, les pneus j'en parle, peut être brèvement mais le point que tu soulève est énnoncé. Pour ce qui est des 125cc, je vais te décevoir mais la nouvelle Aprilia, celle de Mattia Pasini par exemple, est plus proche des 60ch que des 55, ce n'est pas un rêve juste une réalité (dur à croire je te l'accorde, mais la technologie fait des miracles). Le but de l'article n'était pas de dire que les 500 sont moins puissantes que les 1000, ou les 125 moins que les 250. C'était de mettre en perspective le fait que la puissance n'est prépondérante en fonction du le type de tracé.
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gamma (11-05-2007): Je persiste, comparer des temps à des époques différentes n'a pas de sens, même les circuits ont évolué (tracé, revetement). Pour la puissance qui monte qui monte, les 125 bi des années 80 tapaient le 240 avec 45 cv et une aérodynamique de l'époque... Et les 125 à 60 cv ça nous ferait grossierement les 500 à 240cv donc pas de quoi se faire oublier dans les bouts droit par les 1000GP. Enfin il n'y a pas eu de révolution en 2 temps depuis Jorg Moller; aucune découverte, les régimes sont les mêmes donc faut pas s'attendre à des miracles en puissance maxi. Le vrai progrès c'est la souplesse et la répartition du couple dû à l'allumage numérique. et les pneus!!!
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