Voilà bien longtemps que je n’ai pas pris la plume -enfin le clavier- pour écrire ici. A tort à coup sûr.
Hier, pour vous re-situer l'action, j’étais sur le Stand du Bray-Stuntshow aux Motos Puces d’Elbeuf organisées par les Vikings. Les plus grandes moto-puces en France. Après une journée torride, il est temps de remballer. Nous plions la tonnelle, le matériel, tapons la discute avec Bruno, notre vendeur de bonbons préféré… Et là, que vois-je arriver. Au travers de la lumière du soleil, entourée d’un nuage de poussière soulevé par son passage, un monstre, un alien vert à deux roues. La toute nouvelle Zx10r Kawasaki.
Je vous vois venir : Et voilà, Greg l’intégriste vert est de retour. Il va encore promouvoir la Green Burqa pour toutes les motos des constructeurs autre que celui de sa marque. Il va encore mettre en avant que cette moto est la meilleure du monde, de la planète, de l’univers….
ET bien non, bande de mal-pensants. Même si c’est un peu vrai. Le sujet n’est pas là, loin s’en faut. La Zx10r Kawasaki modèle 2011 n’est qu’un prétexte pour vous dire ce qui s’est passé.
Revenons à Elbeuf sur Seine, sur le champ de foire… Au travers de la lumière du soleil, blablabla, blablabla… la toute nouvelle Zx10r Kawasaki. Je m’approche d’elle, attiré par la curiosité, le plaisir de la revoir, la toucher…. Elle me donne envie même si hors d’atteinte pour x raisons. J’approche doucement, je reluque un peu son arrière train et certainement avec une dose de fétichisme qui sommeille en nous, pauvres motards que nous sommes, je zieute comment elle est chaussée.
Mazette, mais c’est quoi ce fou. Une si belle machine… Un pneu slick, voir des slicks à peine retaillés. Une bande de cinq bons centimètres d’arrachement de gomme. En plus d’avoir des pneus usés, il n’est pas capable de régler son amortisseur. Et oui. Comme tous les motards lambda, je sais comment un amorto doit être réglé pour avoir une usure parfaite du gommard en laissant juste assez de bouloche pour dire au collègue de travail : « t’as vu comme je bouloche sur les bords de mon pneu arrière ??? Hein, t’as vu ? ».
C’est là que la vérité m’est apparue. Un mec du stand d’à côté la moto me voit admirer la moto, la détailler et vient vers moi. Voilà en gros la conversation... LUI : « Salut, c’est ma moto. Je viens de l’avoir, j’ai à peine 8000 bornes avec, c’est une super machine.. T’aime les Kawas ? »
MOI : Je bombe le torse, je dis « Je suis un adorateur des kawa plutôt ». (Il faut dire que je me suis fait un zoli tee-shirt personnalité avec un tête de mort, des ailes vertes et un logo Kawa. Histoire d’être discret).
LUI : Tu me connaît peut-être, je suis le Mig. T’as peut-être entendu parler de moi sur Moto-Journal.
MOI : dans ma tête « Le Mig ? Miguet ? » Je dis bonnement « Ah oui, bien sûr et aussi sur le net» (réponse un peu con, j’avoue).
LUI : Là je rentre de l’île de Mann, je reviens de deux semaines à rouler avec la moto. Super machine… De la puissance partout, j’ai voulu tester l’anti-patinage ; tu vois, j’ai mis un avant intermédiaire, ça accroche du tonnerre et à l’arrière un slick… Et bien je me suis surtout fait peur, j’ai pas réussi à l’enclencher. La partie cycle est fantastique, visiblement enchanté par cette machine.
Il rebondit sur le pneu arrière, et là, encore un peu plus, je me rends compte que je suis atteint du syndrome du « lairduncon ».
Le Mig m’explique alors qu’il est en suspension d’origine, qu’il est réglé volontairement un peu souple car lui aime bien quand la machine bouge. Les parties cycles modernes sont tellement rigides qu’elles préviennent moins alors que là, il sent son pneu travailler. Mais attention : LUI : Tu vois là, au bord du pneu ? Le pneu est niquel, je suis sur l’angle maxi sur le filet de gaz, je le tiens doucement et j’accélère pas. Quand je suis comme ça, il n’y a pas a accéléré, il faut que ça passe… (sous-entendu, faut pas se planter sur l’angle et la courbe). Après, l’arrache, c’est quand j’accélère. Mais tu vois, ça arrache propre, sans creuser. C’est la moto qui glisse à l’accélération.
On a discuté un ‘tit peu, puis il est reparti ranger son stand.
Moi, lairduncon, je suis reparti. Avec la chair de poule. Je viens de croiser un mec qui n’est rien. Pas un mec médiatique, surement un mec dont en entendra jamais parler au journal TV de 20h, mais un mec énorme.
L’impression que j’ai ressenti est la même que celle que j’avais ressenti en rencontrant Bruno Bonhuil un coup à Carole alors que je commençais la piste. J’étais allé le voir alors en lui demandant « Est-ce que vous ne seriez pas…. » (sans oser dire Bonhuil). Il m’a alors répondu « Oui, je le suis… ». Lairduncon je vous dis.
Fabrice Miguet, le Mig ; Un mec qui n’est rien médiatiquement parlant face à des pilotes de renom qu’on va retrouver en GP, ou Superbike. Pourtant, pour moi, ce mec est l’image que j'ai du pilote. Un vrai, un passionné avant tout. Il se dépouille, il ne s’y crois pas… Pourtant, c’est un des tous meilleurs Français sur les courses extrèmes. Il roule sur l’Ile de Mann (aujourd'hui encore le pilote Français le plus rapide de cette course), a tourné sur l'aussi mythique que dangereux circuit de Macao en Chine, a participé aux 200 miles de Daytona, participe à des courses sur route en Irlande du Nord, en Angleterre ou en république Tchèque. Mais aussi a mis en avant la Voxan en course… Pour moi, les GP devraient être ce que ces courses sont… de la passion. Un retour aux années 70 devrait s’imposer ? Je le pense, de ce point de vue.
Voilà, je suis donc malade, mais maintenant je sais ce que j’ai et j’ai été enchanté de faire la connaissance d’un mec qui n’est rien, mais tellement aussi pour moi pour ce qu’il représente : ma passion. Fabrice Miguet, dit le Mig.
Pour conclure cet Edito bien long, je vous laisse chercher sur le net pour découvrir un peu plus le Mig.
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