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| | | Edito de Mai 2006: PREMIERS EMOIS | Ecrit le 02/05/2006 : 16:54. Lu 11692 fois (6/jour). | Il est des souvenirs de jeunesse que l’on croirait oubliés, comme perdus dans les aléas d’une vie d’adulte trop soumise aux réalités du quotidien. Ils sont en fait enfouis au plus profond de notre mémoire. Ils ont forgé à notre insu la personne que nous sommes et ce n’est qu’au moment où ils resurgissent du néant que beaucoup de choses s’expliquent. Mon imagination d’enfant fut galvanisée par les romans de Jules Verne et les personnages comme Phileas Fog, Némo, Robur, Aronax et autre Smith avaient pour moi valeur de Héros jusqu’au jour ou je reçus pour mon douzième Noël un livre qui allait changer ma vie !
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C’est en retournant chez mes parents dans le petit village du Loiret qui m’a vu grandir que je pris le temps de fouiller un peu mes tiroirs d’écolier et de parcourir ma bibliothèque d’adolescent où, outre les Jules Verne dans leur intégralité, se côtoient des exemplaires de la Bibliothèque verte, des titres comme « Dany champion du monde », « Un animal doué de raison », les tomes de « Sans famille », des Atlas, des numéros hors série de la revue Géo, et d’autres livres dévorés avidement par le lecteur insatiable que j’étais. Parmi ceux-ci, LE livre, LA révélation, celui qui dormait à mes côtés, aux pages mille fois compulsées, aux photos connues jusqu’au moindre détail, aux phrases sues par cœur et au titre tellement simple et pourtant si porteur de promesses : La Moto.
Cet exemplaire de 1982 fut édité chez Larousse. Plus large qu’un format A4 mais tout aussi haut.  La couverture est cartonnée reliée de tissu vert, le tout entouré dans un « protège couverture » en papier glacé où trône la photo d’un pilote au regard fixé sur la sortie de courbe, les sliders d’époque usés. La machine qu’il chevauche semblait à mes yeux d’enfant incroyablement grosse, son moteur noir d’où sortent les collecteurs d’échappement me la faisaient paraître bestiale et ses deux phares ronds achevaient de lui donner un je ne sais quoi de vivant, presque menaçant…
Christian Lacombe en est l’auteur.  Journaliste reconnu, photographe de talent et surtout amoureux de la « chose motocycliste », il me révéla tout au long des 163 pages de cet ouvrage magnifique les secrets d’un monde qui me paraissait alors réservé à une élite. Ces motards que je voyais passer étant môme, couché dans les fossés profonds du bord de la nationale 7, lorsqu’ils se déplaçaient chaque année vers le circuit du Mans, telle une armée de Templiers modernes, dans un bruit de tonnerre qui me faisait frémir d’envie et de peur… Il me semblait, au fil des mots, les connaître, les comprendre.  Et surtout se fit jour le désir plus fort que tout d’être un jour l’un des leurs !
Des paragraphes lus à voix haute résonnaient à mes oreilles comme un appel irrésistible auquel je me promis de répondre dès que la vie m’en donnerait les moyens physiques. Un en particulier que je veux vous faire partager. Il se nomme : Les joies de la route.
«Se lever de bon matin, s’équiper minutieusement, démarrer la moto dans le silence du jour naissant et prendre la route au soleil levant, ce sont là des moments inoubliables. La route à moto, c’est la liberté de doubler sans effort et sans appréhension, de se jouer des embouteillages; on circule sur les mêmes chemins que les automobilistes, mais avec pour seules contraintes les intempéries et les limitations de vitesse. La moto, si elle est la reine des routes nationales, procure plus de plaisir encore sur les départementales tortueuses ; l’automobiliste cherche toujours la route la plus droite, le motard lui se complaît dans les virages. C’est là tout le plaisir de la moto: pencher, enchaîner les virages au rythme de ses compétences en une danse élégante ou effrénée… L’expression « faire corps avec sa machine » prend ici toute sa dimension. Lorsque le rythme s’accélère, la moto laisse entrevoir ses qualités ou ses faiblesses; si elle est parfaite, si elle obéit au doigt et à l’œil, cas rarissime, on prend plaisir à analyser ses qualités et tout semble facile. Mais paradoxalement, quand il faut se battre avec pour l’emmener où l’on veut, le fait de devoir la dominer est également une source de plaisir. Dans tous les cas, quelles que soient les circonstances, la moto est une promesse de joie… »
Ces mots ont pour moi aujourd’hui encore un sens. Ils ont toujours ce pouvoir presque mystique de me faire sentir vivant mais avec ce petit supplément d’âme qui habite j’en suis sûr chacun de vous. Ils expliquent tellement facilement et simplement ce qui nous unit les uns aux autres mais aussi et surtout ce qui nous lie à nos montures.  Le tout sans idées de marque, de catégorie ou de sectarisme. Comme s'ils étaient à eux seuls la réponse à tous ceux qui ne sauraient pas comment définir cet être humain étrange qui sous son casque semble ne pas faire partie du monde des mortels alors qu’au contraire, il est à mon avis plus conscient de sa vie que ne le seront jamais beaucoup d’autres.
Le secret qui me fut révélé dans ce livre, je vous le donne : « Sous nos blousons de motard, il y a un cœur, comme celui des autres. Sauf que le nôtre bat plus fort car il est perpétuellement amoureux »
Mais je suis certain que vous le saviez déjà.
Cordialement (des) vôtres… et pour toujours. Fastfreddy
(Note de l'admin: des fois, fastfreddy, tu me troues le cul !)
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| Commentaires |
cassandra (02-05-2006): j'ai la larme a l'oeil d'émotion...
cet article est un plaisir a lire...
Fast Clark Kent qui ecrit pour le daily Motard-online planet
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LOUVE (02-05-2006): Que du bonheur !!!!!!!!!!!!!!!!
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mezana (02-05-2006): très émotionnant comme édito.........bravo
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cassandra (02-05-2006): voir meme epoustouflifiant
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nonowaka (02-05-2006): Arrête je brais Fast, que d'émotion
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pirate74 (02-05-2006): encore une fois fast ds toutes sa splendeur, j'en suis tout chose , j'ai envie de dire encore fast , vas y lache toi , tu nous fait un bien immense , encore ,personne e t'en voudras , loin de là ,
j'adore , et c'est du vécu donc ,l'emotion passe
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Domie (02-05-2006): bravo et merci pour cet édito
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comardud (02-05-2006): whaouuuu suis sur le c.ul..........
bravo bravo et............. bravo.........
du coup je ne sais pas quoi dire d'autres
bravo
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Alain.L (02-05-2006): du grand fast...
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LOUVE (03-05-2006): C'est presque poétique
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malkavian (03-05-2006): En effet très bel edito ... et le bouquin devait être vraiment sympa et peut être encore plus avec des yeux d'enfants
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pirate74 (03-05-2006): ben fast si nos remerciements te touche ,c'est que on edito nous a fait vibrer
alors encore merci pour tout tes editos qui sont a chaque fois plus merveilleux les uns que les autres
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Snours (04-05-2006): Citation: V2in a ecrit : Je crois qu'on a tous eu la même émotion en lisant ton edito, Fast.
Tu touches à l'inconscient collectif.
Quand vous êtes casqué, ganté, blousonné, à côté de votre monture, soyez attentifs : observez en ville le regard de certains gosses, il vous dévisagent de leurs gros yeux ronds et interrogatifs, alors parfois, je leur fais un coucou de la main et là je peux apercevoir une petite flamme qui ne trompe pas.
[Edité par V2in le 04-05-2006 à 23:41 GMT: parce que ] |
J'abonderais dans ton sens V2in avec cette tout petite anecdote, hier, petite ballade tranquille après boulot, traversée d'un lieu-dit à petite vitesse et là, sur le trottoir une petite fille, le vélo à la main me regarde venir et lève la main vers moi avec les doigts en V!!!je lui réponds et m'éloigne avec une petite accélération qui à due lui faire plaisir autant qu'à moi
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admin (04-05-2006): je me demandais pourquoi ma gamine était rentrée de sa promenade en vélo couverte d'une mélange de poussière, d'huile, d'essence, de calamine et de pneu brulé.... alors c'etait toi le responsable...
quant à l'acceleration tranquille, la petite m'a confirmé deux rupteurs d'affilée, un en première, un en seconde...
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Snours (05-05-2006): Mince! j'ai enfumé la fille de dieu à vélo sans le savoir!!!Méa Culpa!!!
La messe est dite pour moi...
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LEVIRUS (05-05-2006): Un esprit d'enfant, jusqu'à la fin .................
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cassandra (05-05-2006): | Citation: poulpe a ecrit : et cassandra tient à peine sur ses jambes... |
ca va je tiens mieux sur ma moto que sur mes jambes
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