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|  | | | Essai Route: BMW HP2 Enduro – Kraftwerk from Germany | Ecrit le 13/02/2006 : 15:12. Lu 17072 fois (12/jour). | Mon pote Fredo (de la taille d'un Hobbit d'ailleurs) avait essayé cette HP2 enduro juste avant moi. L'arrière avait une tronche de chien battu jusqu'à ce que j'ai suffisament pompé dans le combi avec ma pompe à vélo pour la remettre à hauteur d'homme. J'ai eu des cauchemars à cause de ce puit boueux plein de flotte suivi d'une colline salement raide. Il n'y avait pas d'option possible: la HP2 devait passer coûte que coûte.
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Ce Boxer puissant est une machine d'enduro virile débarrassée de tous les attributs routiers de la GS. Avec un poids plume de 175 kilos pour un Boxer et un moteur de R1200GS corrigé pour développer 105cv à 7000 tours, cette HP2 devrait faire son effet en tout terrain. Avec un peu de vitesse et en y croyant fort, on peut se faire tout type de terrain . Par contre, si on est coincé, on est dans la merde...
La HP2 enduro bénéficie de nombreuses innovations BMW. Il y en a tant (note de did: relisez toujours cet article) que je ne mentionnerai que les plus importants, comme le combi Continental Air/Ressort et le long Paralever. Le cadre est basé sur la technologie du R900R Dakar plus que sur celle de la GS. La HP2 est pensée Solo avant tout et a un petit effet rétro bien vu avec sa double armature de tube d'alu qui enserre le phare et le garde-boue avant. Avec la HP2, pas besoin de prendre le chemin le plus long: on regarde droit devant et on se joue des obstacles. Les deux cylindres Boxer massifs sauront prendre soin (brutalement) des arbres qui se trouveraient en travers de votre chemin. Les débattements avant et arrière sont impressionnants. On retrouve une vraie fourche sur une BMW. Je me suis concentré sur le tout terrain et la terre, mais j'ai fait également un peu de bon bitume.
“I’m a man; (Muddy Waters)” voici ce que je fredonnais en essayant de me convaincre de la chose en attaquant mon terrain de test boueux. Le pneu arrière Metzeler Karoo Enduro développé spécifiquement pour la HP2 était un peu trop usé à mon goût, mais bon, après avoir pataugé dans la boue de long en large pour m'assurer de la profondeur et de la spongiosité, je l'estime sûre pour la HP2, je passe la première et j'entre dans l'eau. Cet endroit est un terrain de jeu pour 4x4's et les voies étaient profondes de chaque côté où les cylindres de boxeur effleureraient la boue. Pour cette raison j'ai préféré l'aborder assis plutôt que debout. J'y suis entré de bon coeur, mais je me suis retrouvé coincé en manoeuvrant au mileu de la mare. J'ai du descendre et pousser la moto en première jusqu'aux traces de roues des 4x4. Comme ça c'est confirmé plus tard, c'était uniquement un problème de pneu arrière trop usé. J'en ai bien chié pour la sortir de là. Bien que la HP2 soit bien équilibrée, on sent bien son poids dans ce genre de situation... Sans l'aide du moteur, j'étais coincé jusqu'à la fin des temps. Imaginez alors le scénario catastrophe avec le max de pas de bol, une moto couchée dans la flotte, moteur qui ne repart pas... « Mayde, envoyez un hélico, j'ai coincé une BM dans la boue au milieu de nulle part... »
Deux jours plus tard, j'étais de retour avec un Metzeler Enduro arrière neuf, et cette fois le chef c'était moi, pas la boue... la punition de la boue fut terrible ;-) là, je me suis amusé.
Après ça, j'ai décidé de faire quelques bornes sur du gravier facile à moyen, à bonne allure et debout, histoire de me détendre un peu. On peut vraiment se détendre dans cette position debout, bras et jambes tendus. On contrôle parfaitement la moto. Sur gravier, la HP2 est une vraie fusée, le moteur ultra costaud propulsant la moto à des vitesses indécentes pour du off-road. On fait facilement du 200 au risque de se briser le cou à cause de la force du vent... Sur du bon bitume, le couple omniprésent et le paralever font merveille. C'est presque injuste pour les autres constructeurs que BM dispose de ce paralever virtuellement sans maintenance. Sur un enduro normal, on sait qu'on va se taper le nettoyage/ lubrification du couple chaine bras oscillant. Pas avec la HP2. Un coup de jet d'eau, et hop, fini. L'écope d'air, située haut sur la droite , a un déflecteur qui empêche l'eau de rentrer. Pendant mes 10 jours d'essai en milieu pour le moins humide, je n'ai pas eu le moindre problème à cause de la flotte., During my ten day long test it was plenty of water around and not the slightest problem with anything caused by water.
Sur chemin exigeant parsemé de cailloux de diverses taille, il faut se détendre avec la vitesse, mais la réponse instantanée du moteur fait encore des étincelles. Vous vous calez en seconde sans craindre de casser le moteur. Le guidon est large et la roue avant est assez loin devant. En plus, avec les deux cylindres qui bloquent l'accès à la roue on se retrouve plus souvent debout qu'à l'accoutumée y compris à l'abord de virages serrés. Et c'est comme ça que c'est le mieux sur la HP2. En avançant dans les traces profondes des 4x4's, on doit s'assoir et se tenir correctement, la jambe par dessus le cylindre à moins de vouloir se retrouver avec de la viande hachée dans les bottes. Faites gaffe à bien détendre vos jambes pour éviter les crampes. J'ai emmené la HP2 aussi loin que possible sur une piste caillouteuse en marches d' escalier assez raide, étroite avec un ravin d'un côté et une colline de l'autre. J'ai finalement dû poser le pied à terre et tenter un franchissement avec l'aide de la première. La moto s'est retrouvée le nez pointé vers le ciel la roue avant sur le rebord de la marche, c'en était trop pour le grip du pneu arrière et c'est là que la balade s'est arrêtée (note de did: ben oui c'est pas un trial...). J'ai commencé la pénible opération consistant à faire marche arrière, dosant avec parcimonie le frein avant à chaque marche. Je savais que je ne la tiendrais pas en place si je perdais un peu l'équilibre, j'ai donc reculé avec un max de prudence. J'ai finalement trouvé un endroit que j'estimais assez spacieux pour faire demi-tour, mais le fossé était profond et j'ai commencé à sentir la roue avant glisser latéralement avant que je n'ai réussi à la remettre totalement dans la bonne direction sur la piste. J'ai lâché l'embrayage et j'ai réussi à la remettre dans le bon sens bien dans l'axe de la piste sans perdre l'équilibre. Là, les 175 kilos de la bête deviennent un handicap. Avec un enduro de 100kilo, je n'aurai eu aucun de ces problèmes. Quoi qu'il en soit, le test en valait le coup, et la moto avait quand même montré de bonnes aptitudes off-road sur d'autres routes. J'avais trouvé la limite de la bête, content, direction la maison...
Sur le bitume, on peut utiliser la puissance plus librement. Cependant, les pneus enduro n'y sont pas particulièrement à l'aise, et ça risque de coûter cher à la longue en pneu arrière... La BMW HP2 Enduro est plus confortable que la plupart des autres enduros malgré la hauteur de selle, très dure de surcroit. Ca va juste bien entre deux pleins, car le petit réservoir tient tout juste 120/130 bornes avant l'allumage du témoin de réserve. Le réservoir est d'ailleurs translucide façon « vrai » enduro, et BMW a installé de l'électronique qui indique le kilométrage restant à parcourir et le nombre d'heures de roulage (pour la maintenance du filtre à air). Sur autoroute, la roue avant à long débattement vous donne l'impression de flotter et est plutôt confortable. L'amortisseur arrière à air peut être « gonflé » avec une simple pompe à vélo, ou simplement dégonflé à la main pour ajuster la hauteur de la moto. Mon pote Frodo qui avait essayé la moto avant moi l'avait d'ailleurs trop dégonflé. BMW offre l'option d'une selle plus basse, passant de 920mm en standard à 900mm. Mais bon, si vous trouvez la HP2 trop extrême, vous resterez sur la GS...
A la fin de mes journées d'essai, sur le chemin du retour, (note de DiD: Damn... le fameux prob de dernière minute? La malédiction des dernières secondes d'essai?) tout part en couille. La réponse à la poignée devient irrégulière, et du carburant est projeté dans l'air. Je refais le plein: rien ne change. À un rond point, je jette un coup d'oeil par-dessus de mon épaule pour voir une flamme d'un rouge ardent d'au moins de 50 centimètres qui fait fondre le clignotant gauche et la plaque minéralogique comme de la fondue savoyarde. Les derniers kilomètres du retour se sont fait en camion... Les ingénieurs BMW ne nous ont pas encore donné d'explication (fuite de carburant? problème d'injection?), mais on vous tiendra informés.
Conclusion La HP2 Enduro est clairement conçue pour les pistes pourries, pas pour le bitume. Pour ça, il y a la GS. Pour l'enduro, la HP2. Pour cette raison, je me suis surtout concentré sur la terre, mais elle fait également l'affaire sur le gravier, et sans doute aussi dans le désert. Elle a des limites dont il faut tenir compte, même si elle c'est montré utilisable sur la plupart des surface que j'ai essayées. J'aurai juste préféré ne pas avoir ce problème au moment de rendre la moto... Sinon, si vous avez l'argent, c'est un gros jouet pour les grands enfants...
Texte: Tor Sagen Photos: Claire McHugh/Tor Sagen
L'album photo
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| Commentaires |
malkavian (27-11-2006): cette bécane, c'est pas trop mon truc mais sinon, j'ai bien aimé l'article, l'humour, tout ça ... Une bécane qui pète le feu visiblement en tout cas
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fredlerapide (27-03-2007): il a pas peur vot' gars!
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