Cruiser ou roadster ?
Fondamentalement inchangée depuis sa première présentation au salon de Tokyo, la Honda X4 vit sa sixième année de carrière au pays du Soleil Levant. Conçue en 1997 pour tenter de détrôner la locomotive Vmax, la X4 ne se tapera pas la baston sur les routes de l’Hexagone. Cette moto atypique est réservée au marché nippon et se fera une place discrète sur le réseau routier en Europe.
Mélange de style et de genre, le design de l’engin est à mi-chemin entre custom et gros roadster. La X4 est lourde et massive, sa ligne est sobre et ramassée. La position de conduite à la sauce « low rider » et son petit guidon emprunté à une brêle de manège ajoutent au look décalé de cette machine. La selle basse, l’emplacement des cale-pieds, la présence de chromes et la jauge à essence installée sur le réservoir soulignent un faux air de custom. Le gros phare rond et le double compteur sont plus conformes à l’esprit roadster. Coté finition c’est plutôt réussi même si la « Honda touch » signe une fois de plus des clignotants hideux.
Honda X4 : L’anti Vmax
Mister X4 est un quatre-cylindres en ligne à 16 soupapes refroidi par eau et cubant 1,284 cm3. Dérivé du bloc de la CB 1300 (note de did : le modèle japonais, pas celui qui est commercialisé chez nous depuis peu, voir l'article sur le cb1300), son moulin annonce quelques 100 canassons en bout de vilo à 6500 tr/mn avec une pointe de couple de 12,3 mkg à 5000 tr/mn. Même tempérament explosif que la Yam, c’est chaud à l’accélération ! Ca « arrache » sur le premier rapport puis Le tracteur monte en régime de façon linéaire. La X4 prend un bon 220 au compteur, soit une vitesse de pointe sensiblement supérieure au gros V4 de la Max. J’oubliais… Le timbre des deux échappements courts rappelle la sonorité envoûtante d’un sèche-cheveux.
Pour le reste, l’embrayage hydraulique commande une boite de vitesse à 5 rapports et transmission par chaine. Coté amortisseurs, la suspension arrière est assurée par deux combinés à ressort, la fourche affiche un diamètre de 43 mm et offre un débattement de 130 mm. Les suspattes se montrent définitivement plus sécurisantes que sur la Yam mais pas de quoi monter au septième ciel (note de did: ou alors si justement :) )! Elles avouent rapidement leurs limites dés qu’il s’agit d’inscrire la moto sur l’angle ou bien de tailler la route sur un bitume hasardeux. Au chapitre confort, la position est naturelle, la selle accueillante mais sans surprise, impossible de soutenir une vitesse de croisière à plus de 150 km/h sans s’en prendre plein la gueule.
Signe de bonne volonté du constructeur pour ce type de machine, un « freinage dans le coup ». Les ingenieurs ont choisi un double disque avant de 310 mm pincé fort par des étriers 4 pistons Nissin et à l’arrière, un disque de 270 mm avec un étrier 2 pistons. C’est pas un freinage de trappeur mais progressif et facile à doser, il suffit pour stopper les 289 kilos tous pleins faits de la bête. On applaudit également une monte pneumatique tout a fait adaptée à ce type de machine. La jante avant chausse un gommard de 120 et à l’arrière, la roue pleine accueille un bon 190 contre le 150 d’un Vmax toujours limité dans son choix de pneus. Le poids à sec est de 270kg. L’autonomie est ridicule pour les deux machines, pas de quoi frimer avec le réservoir de 15 litres (4.6 l en reserve).
Alors...?
Indéniablement, la Honda surclasse la Yam au niveau des performances. Plus « fonctionnelle », plus civilisée que sa rivale, la X4 est facile à prendre en mains et offre un surcroît de polyvalence. La partie-cycle saine et classique révèle un bon comportement routier mais la garde au sol trop réduite fait défaut au gros potentiel couple moteur. L’architecture et la lourdeur du châssis handicapent les changements d’angles rapides, on est loin de la maniabilité du pur roadster même si la X4 reste d’une vivacité relative pour son gabarit. Faut pas s’attendre à un miracle, l’attaque n’est pas son domaine ! Son truc, c’est plutôt de cruiser peinard (pas trop loin) et de faire le kéké au guidon d’un gros joujou qui sonne la charge au feu vert.
Face à Face
Ces motos qui semblent au départ revendiquer un esprit identique, révèlent un caractère différent. Honda a préféré miser sur les performances plutôt que sur les sensations. On prend du plaisir au guidon d’une X4 fiable et coupleuse mais l’engin manque d’une forte identité avec un design et des ambitions mal définis. La Yamaha table sur la brutalité de son moteur et un look unique qui semble à l’abri du temps (surtout chez les mélomanes). Pas suffisant pour sauver les meubles ! J’ai rarement monté une brêle avec une tenue de route aussi précaire. Bref, tant que la route reste droite et lisse...
Un grand merci à Peter pour sa sympathie et pour m'avoir filé une X4 ('99).
SIAM SUPERBIKE Sukumvit Soi Ekamai Bangkok 10110 Tel/Fax : (+66 2) 390 0500
Crédit Photos : Olivier - Motards-Online
|