|  | | | LE NEO-RETRO: Du concept-bike à la commercialisation. | Ecrit le 17/02/2005 : 16:31. Lu 11131 fois (8/jour). | Ce que l'on pouvait prendre il y a deux ans encore comme de simples exercices de style, débarque desormais dans nos concessions. Impression de déjà vu, sentiment d'un autre temps, comme si les passionés de machines de collection avaient conclu un pacte avec les artistes du tuning.
Pourtant, il n'en est rien, et c'est bien aux marques elles-même que nous devons cette "nouvelle mode de l'ancienne".
    9 votes | |
| |
Et pour être plus précis, c'est aux constructeurs européens qu'en revient tout le mérite: ils nous proposent les machines les plus abouties dans le domaine (note de Did: ça, ça n'engage que toi ;) ) Si pour certains d'entre eux, les motos ne sont restées qu'à l'état de show bike - Aprilia, par exemple a renoncé à commercialiser sa Blue Marlin (photo 1) pour des raisons de conjoncture économique propre au groupe - d'autres ont quant à eux pris le pari (risqué?) de s'engouffrer dans un marché que l'on doit bien considérer comme naissant et donc de niche. Faisons le tour d'horizon de ces machines qui proposent de rouler "ancien" mais certainement pas vieux.
Voxan pour commencer, est sans doute le constructeur le plus impliqué dans le domaine. L'analyse de sa gamme est en effet très révélateur d'un choix marketing axé sur le tout rétro; car hormis le modèle Roadster, (et l'exclusif VB10), le reste de la production est typique du sujet qui nous intéresse et ce jusque dans le nom choisi pour ses modèles. Le Café racer tout d'abord (photo 2), premier de la liste à avoir vu le jour, puis plus récemment le Scrambler (photo 4) décliné en deux versions dont une "street". Et enfin, promise à la vente dès 2005 la Black Magic (photo 3) qui me fait personellement très envie.
Toutes les motos du constructeurs français sont motorisées par le même bloc, un bicylindre en V de 1000cc(développé par Sodemo, dont les capacités d'ingénérie moteur en compétition sont mondialement reconnues) technologiquement évolué et capable de rivaliser sur tous les points avec les ténors de sa catégorie. Quant aux éléments suspensions, freins et électroniques, ils sont tous de la meilleure qualité du moment (Brembo, Paioli, etc...) et équipent bien d'autres marques plus connues du monde motard.
Si l'on parlait de "rétro" seulement, de grands noms de la moto ressurgiraient inévitablement ; Norton, dont on assiste à la renaissance timide chez nos amis américains, pays où ces derniers peuvent rouler en Commando 952!!!(photo 5) Et ce contre un chèque de 20.000$ (un peu plus de 15.000 de nos euros)...
Toujours aux états unis, Vincent, dont il se murmure que le nouveau modèle pourrait bien voir le jour sous sa version définitive (motorisé par le bloc de la Honda VTR?) dès 2006! (photo 6)
Mais ces marques qui ont tant apporté à la moto restent pour différentes raisons à diffusion plus que restreinte, ce qui n'est absolument pas le cas de LA marque anglaise du 21ème siècle, j'ai nommé:
Triumph! Pour ce qui est de nos voisins d'outre Manche, le fait est que le "Néo rétro" s'imposait naturellement au vu de l'historique chargé de la marque. Comment ne pas rebondir en effet sur le mythe d'une Bonneville (qui fit quasiment à elle seule la réputation de Triumph). Et pour rebondir, la firme d'Hincley est passée maîtresse en la matière, jugez-en plutôt. Ce ne sont pas moins de 4 versions de Bonnie qui sont aujourd'hui au catalogue! -Bonneville 800, América, Speedmaster et T100 (photo 7), et même si le moteur est toujours un bicylindre face à la route, les deux premières cubent 790cc et 865cc pour les deux dernières, ce qui pourrait se traduire par un slogan du genre "Ami, choisis TA Bonnie!!!" Elles se voient depuis peu secondées par la Thruxton (photo 8) au look résolument plus "café racer" qui apporte une touche de sport aux modèles du passé-futur. Mais, il est vrai que c'est sur le capital sympathie que jouent les anglais ; bien plus que sur les choix hightech (sans parler toutefois de matériel au rabais ). Cela vaut pour le moteur comme pour les éléments de partie cycle qui restent très "d'époque" On le voit, le concept Neo-rétro britannique n'est en rien comparable a celui des français ou des italiens.
Nos voisins transalpins, ont (mis a part Aprilia, nous avons vu pourquoi) deux façons d'aborder le sujet. Deux façons car deux marques:
Moto Guzzi tout d'abord qui (et ce n'est pas péjoratif) de par la lente évolution de ses modèles et des divers passages à vide des finances de la marque, lui fait coller à la peau cet image "d'éternelles anciennes" car l'esthétique de ces machines nous semble dater quelque peu, au point, et cela est normal, de les avoir toujours connues sous leurs formes actuelles. Cependant il est a noté des avancées plus qu'intéressantes au niveau du design, pour preuve, la très belle Griso (photo 9) ou la non moins superbe MGS01 (photo 10).
Oui mais voilà ; si chez Guzzi ces deux motos nous paraissent rétro, c'est bien plus à cause de l'architecture de la motorisation (visible et reconnaissable entre toutes) qu' à l'aspect de la carrosserie résolument dans l'air du temps. Bref, Moto-Guzzi serait plus à considérer comme "rétro-néo", et il est vrai que le reste de la production de la marque est plus à classer comme telle, hormis les modèles Bréva 750 et 1100.
Ducati, en revanche, se positionne différemment, et joue elle aussi à faire vibrer la corde ô combien sensible de l'affectif, témoin cette magnifique MH 900 E (pour évolution) (photos 11 et 12), descendante directe de l'époque ou la mythique Pantah était LA référence en matière d'hypersport. Même si hélas, la réussite esthétique de ce modèle est inversement proportionnelle au nombre d'exemplaires vendus. Quoiqu'il en soit, le top en matière d'équipement et de savoir faire moteur est là aussi de rigueur.
On pourrait trouver surprenant dès lors, que les constructeurs nippons ne se mettent pas eux aussi à surfer sur cette vague porteuse d'image, de charme, et de souvenirs pour le motard quadragénaire (au porte-feuille plus garni que les "d'jeunes qui débutent". A cela plusieurs raisons: -Les marques nippones sont toutes plus récentes que les européennes, et malgré la trace laissée dans l'histoire de quelques modèles-750 four Honda, 750 h2 Kawa, et deux ou trois autres peut ètre), elles ne peuvent en aucun cas se prévaloir d'une charge émotionnelle aussi présente que les anglaises, pour ne citer qu'elles. -Ce qui leur exclut de fait la possibilité de se rappeler aux bons souvenirs des motards de fin 60, et ce ne sont sont pas les Seven fifty et autres W650 (largement inspirée de la Bonneville, encore elle!) qui ont changé la donne... - De plus, nous l'avons déjà dit au début du sujet, il s'agit là d'un marché de niche que les japonais n'ont pour l'instant pas lieu d'investir, à cause entre autre de leur vision plus mondiale qu'européenne de la moto, et d'un volume de vente pour l'instant faible.
Fort de ce constat, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les européens soient les rois du "vieux neuf" et cela n'est pas pour nous déplaire au final.Car, admettons le, si de nos jours les marques nippones sont largement en tête des ventes, il est doux à nos yeux de se remémorer que les bases de la moto telle que nous la connaisons aujourd'hui, sont et resterons européennes.
Et quel plaisir que de pouvoir concilier l'achat des dernières technologies au bonheur des souvenirs...
Par Fastfreddy.
| |
|
|  | | | LES BLOGS | | | | ALBUM: TOP 10 | | | |
|